Lola Loup

Biographie

Lola Loup (née en 1999 à Lyon) vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l'Ecole Duperré à Paris (2023), puis obtient un Master 2 Design, création, projet, transdisciplinarité (2024). Dans la perspective de poursuivre ses recherches sur la peau de poisson, matériau constitutif de sa pratique, elle passe un an au sein de l'EnsadLab, le laboratoire de recherche-création de l'Ecole des Arts Décoratifs de Paris, dans les groupes Art, Design et Société et Soft Matters. Elle développe actuellement sa pratique en résidence au Tremplin (Incubateur porté par le Campus Mode, Métiers d'art et Design, Paris). Lola Loup a notamment présenté ses sculptures et installations au Consulat Voltaire (Paris, 2025), au Doc (Paris, 2024), à la Galerie du CROUS de Paris (2024, 2025), à l'Ambassade de France du Danemark (Copenhague, 2024), ou encore au 35/37 (Paris, 2023). Elle participe au festival Modern Nature de La Becque en Suisse dans le cadre de sa collaboration avec l'artiste Salomé Chatriot (2024). En 2024, elle est nominée pour le Prix Icart et est lauréate (catégorie sculpture) du Prix Clim'art de la Fondation Andurand.

Atelier de Lola Loup

Démarche

Lola Loup développe une pratique de la sculpture et de l'installation au travers de « chutes domestiques », notion qu'elle applique d'abord aux textiles familiaux qu'elle récupère et assemble -draps, torchons, vêtements usés- mobilisant des techniques telles que la couture et la tapisserie. À ces chutes sont progressivement incorporées des déchets organiques -corporel : les cheveux- et alimentaire : la peau de poisson. De par leur accessibilité, ces résidus spécifiques porteurs d'ADN racontent une relation de proximité avec ce qui subsiste mais suscite le dégoût, questionnant notre appréhension de ce qu'il reste de vivant autour de nous, sous ses formes humaines et animales.

Ainsi, une partie de sa recherche se concentre sur la conservation de la peau de poisson au plus proche de sa condition d'origine, stabilisée de manière organique plutôt qu'uniformisée par une transformation en cuir. Elles révèlent alors des cicatrices, taches et trous, témoignant autant de la vie du poisson que de ses interactions avec l'humain (pêche, élevage, tri, découpe…). Issue de la collecte en poissonnerie à Paris, sa pratique s'ancre dans une expérience de la manipulation de l'organique en milieu urbain, participant à l'exploration située du potentiel narratif de la peau de poisson. Constituant un inventaire de ce qui a été consommé collectivement, l'usage du rebut dessine ainsi un chemin, du foyer aux dynamiques systémiques extérieures (extraction, traitement, distribution).

Par l'observation de leurs propriétés matérielles, Lola Loup traite ces déchets comme des tissus organiques. La technique de la tapisserie en particulier répond ainsi à la structure de la peau de poisson et fonctionne comme son extension artificielle. Son travail de mise en forme -notamment par le moulage des peaux interroge les pratiques de monstration de l'animal telles que le trophée de chasse ou la taxidermie. Les rebuts, par leur assemblage, deviennent lieux et corps. À travers des sculptures informes et des objets archétypaux (tente, assise, tablier, armure), elle évoque des usages fonctionnels qui invitent le·a visiteur·euse à réduire la distance avec la matière organique : confronter, s'approcher, entrer, parfois même revêtir.