Processus de stabilisation (2026)
Le processus de conservation des peaux de poisson — nettoyage, bain de stabilisation, rinçage et séchage — devient un lien avec une matière organique en transition. En mettant en scène l'étape du séchage à travers des objets domestiques, la série ne reconstitue pas le procédé, mais le déplace. Les installations transforment un protocole technique en fiction et interrogent notre relation au vivant lorsqu'il devient matière, déchet ou ressource.










Inflexion (2026)
Inflexion - moulage de peaux de bar et de saumon - raconte par la forme l'entre deux des déchets agroalimentaires halieutiques voués à l'élimination et stabilisés avant leur décomposition. Forme creuse et autoportante, la sculpture est engagée dans une progression, maintenue dans cet état intermédiaire par une forme de taxidermie minimale. Ni poisson ni animal identifiable, elle conserve les traces - cicatrices, taches, perforations - de la vie des poissons et de leur transformation industrielle en ressource.


Amas (2025)
Monticules de matière autoportants pensés dans le cadre de l'exposition Des Corps muables - Chapitre 2 : en décomposition, à la galerie du CROUS de Paris (2025), ces cinq pièces sont différentes expressions d'un seul et même protocole de moulage de peaux de bar et de saumon. Dispersés dans l'espace, ils invoquent des présences statiques.





Des corps muables (2024 / 2025)
Foyer des infravisibles (2024) / Chapitre 2 : En décomposition (2025). Avec Popline Fichot et Jeanne Rochedieu-Neboit.
Des corps muables s'est construit en deux temps : une première présentation au DOC en 2024, puis un second chapitre à la Galerie du CROUS de Paris en 2025. L'installation imagine un écosystème spéculatif, poreux et perméable, où la serre de jardin devient un espace de transmutations possibles. Entre protection, apprivoisement et contrainte du vivant, elle accueille la coexistence de l'organique et de l'artificiel. La serre y est abordée comme un dispositif historique ambigu, entre production, contrôle et expérimentation du vivant.
Les formes et les pièces, pensées en écho à La botanique parallèle de Leo Lionni, détournent les usages de la serre. L'humain n'y est plus central : son parcours est entravé et ses outils, glanés comme archétypes du·de la jardinier·ère, ont muté. La rouille cultivée sur les éléments métalliques devient une entité active, circulant dans l'installation et le laboratoire salin.
Présenté à la Galerie du CROUS de Paris, Chapitre 2 : En décomposition prolonge cette recherche avec une installation traversante, enrichie d'une création sonore d'Elouann Durieu et d'une captation vidéo de Léo Combette.












Résidu (2025)
Résidu est une sculpture textile qui prend la forme d'une empreinte corporelle fragmentée. Les peaux de poisson sont assemblées par zones anatomiques — le dos, puis le buste — tandis que les fils deviennent à la fois mode d'assemblage et prolongement de leur structure écailleuse. Évoquant une forme de taxidermie inachevée, la pièce reconstitue un corps à partir d'une matière issue du vivant sans jamais le rendre pleinement identifiable. Vide, elle évoque la présence de celles et ceux qui pourraient l'habiter.



Néréide (2024)
Néréide est une sculpture textile composée de peaux de bar, activée lors de la performance Fragil Ecosystem de Salomé Chatriot, présentée au Festival Modern Nature à La Becque (Suisse). Les peaux recouvrent les poumons et le bas du dos, accompagnant les zones du corps mobilisées par la respiration de l'artiste, élément central de la performance.



Alevins (2023)
Composée de peaux de saumon, de bar et de porquinho, les Alevins sont des suspension lumineuse dont les formes évoquent des organismes en mouvement. Pensée pour L'Îlot vert, elle participe à la construction d'un habitat où le vivant et le domestique se rencontrent. Ces deux pièces ont respectivement été exposées à Vivement demain, Paris Design Week (2024) ainsi qu'à l'exposition Répétition Générale (2024), à la Galerie du CROUS de Paris.




Photographies ©Baptiste Gault
L'îlot vert (2023)
L'Îlot vert est une installation constituée d'objets et de parures conçus entre l'intérieur domestique et un environnement organique. Ce campement fictif compose un habitat mobile où chaque élément se plie, se déplie ou se suspend.
Les artefacts suggèrent davantage des usages qu'ils ne remplissent une fonction précise : tapis, tentures et housses circulent librement et changent de rôle selon leur agencement. Réalisés à partir de matériaux organiques collectés (peaux de poisson, cheveux), de matériel de camping usé et de techniques textiles réinterprétées — tapisserie, vannerie, couture —, ces objets composent un habitat spéculatif où les frontières entre intérieur et extérieur, corps et environnement demeurent poreuses.











Photographies ©Mathis Leroux